Harcelement moral au travail : faut-il faire confiance à ses collègues ?

La réponse sera claire et nette, c’est NON !

Et même, il faut s’en méfier comme l’eau qui dort.

Sur une page Facebook, un conseiller prud’homal en exercice disait à une victime de vite récupérer des attestations avant qu’ils ne tournent casaque et que l’employeur arrive à leur pourrir l’esprit.

Il est même conseillé d’avant de se lancer dans une bataille, de vérifier ses appuis, car les planches pourries sont légion.

Le pire, c’est que certains auront l’air d’adhérer à votre lutte, à votre situation, compatir, mais le jour, où vous leur demanderez d’établir une attestation, il n’y aura plus personne, et ce sera pour vous la dégringolade psychologique, comme si vous en aviez besoin.

Les raisons seront toujours : « je ne peux pas, j’ai des enfants à charge, des crédits…etc, j’aurais bien voulu, mais je ne peux pas ».

En fait, ce que vous aurez pu prendre pour de la sollicitude, sera souvent de la curiosité malsaine, car dans les journées ternes du bureau, ce genre d’événement alimentera les discussions à la machine à café.

Pire, une collègue proche qui vous témoigne sa compassion peut vous trahir de belle façon en faveur de l’employeur. Je me rappelle, sur un forum, une victime qui racontait en avoir fait les frais. En arrêt maladie, elle recevait des visites d’une collègue qu’elle croyait compatissante, et un jour, elle s’est aperçue que celle-ci colportait tout au patron. Amère désillusion !

Le pire, c’est que certains peuvent même se faire manipuler par un patron très malin, manipulateur, qui les enverra en éclaireur, et qui utilisera à son profit les informations que le collègue communiquera en pensant naïvement agir dans l’intérêt de son collègue.

Donc, quand on est victime, on se retrouve seul, et en fait, il ne faut que se faire confiance à soi-même : ne pas penser que vous recevrez une aide de quiconque, et surtout ne pas y croire.

Hélas, même et surtout, les syndicalistes en interne peuvent vous « vendre », lors d’une négociation quelconque, parfois pour leur intérêt personnel.

Le pire, ce sont les magistrats qui, comme dans mon affaire, ont réclamé, lors de l’audience à la cour d’appel, des attestations de salariés, dans un contexte de suicides, de salariés en souffrance. Qu’ont-ils donc dans le crâne ? Comprennent-ils, malgré la soi disante protection des témoins, que l’employeur a beaucoup de moyens de représailles ? Il faut se mettre aussi à sa place, si un salarié apporte un témoignage dans un dossier juridique qui aboutit à une condamnation de l’entreprise, il ne faut pas s’attendre que l’employé considéré comme « déloyal », soit récompensé.

En fait, il faut surtout s’adresser aux salariés en passe de quitter l’entreprise, ceux qui ne risqueront plus rien, encore faut-il les trouver ? Dans mon cas, un syndicat, l’UNSA m’a mise en contact avec d’autres victimes qui ont pu me fournir des attestations racontant leur propre calvaire et le mode de traitement de l’entreprise face à ce fléau du harcèlement moral. Le seul problème, c’est que les magistrats de la cour d’appel n’en ont pas tenu compte et sont allés même jusqu’à dire que ces salariés n’appartenaient pas à l’entreprise, alors que c’est totalement faux. Nous sommes malheureusement à une époque où c’est du grand n’importe quoi dans les tribunaux français et les juges imbus de leur « indépendance » sont en roue libre, font n’importe quoi, et ne craignent pas les foudres du CSM (Conseil Supérieur de la Magistrature), qui ne les condamne que dans de rares cas, surtout pour des perversions sexuelles, leur insuffisance professionnelle, leur partialité en faveur d’une des parties, leur violation de la loi, ce n’est apparemment pas grave !

En revanche, l’employeur, lui, trouvera toujours de bons salariés pour établir des attestations qu’il leur dictera sur les conseils de son avocat. Et parfois, vous serez très étonné de certaines personnes dont vous étiez à des millions d’années lumière de penser qu’il aurait pu commettre une telle trahison à votre égard, un faux-témoignage, une obstruction à la justice. Et comme pour les expertises psychiatriques dont j’aborderai le problème dans un autre post, vous pourrez faire des pieds et des mains vis-à-vis de la justice pour démentir le contenu de ces attestations, il n’y aura rien à faire !

Je suis allée dans la partie pénale jusqu’à demander la vérification de ces attestations, ce qui a été fait par un officier de police judiciaire en leur faisant prêter serment, et les quatre personnes sans foi, ni loi, ont confirmé leurs propos mensongers, donc il y a parjure ! Le moyen le plus sûr aurait été d’organiser des confrontations, mais comme certains employeurs sont protégés par la justice et le système judiciaire, ce moyen de mettre en lumière les mensonges, ce qui est pourtant la mission des juges qui doivent tout faire pour la manifestation de la vérité, a été écarté.

Il est considéré que les salariés se mettent spontanément du côté du plus fort, et le plus fort, sera toujours l’employeur. Il serait possible de rester neutres, mais beaucoup de salariés convoitent certains postes, promotions, augmentations, primes diverses, donc cette « corruption » est souvent utilisée. Les magistrats devraient le savoir, et devraient prendre avec des pincettes ces « professions de foi » de certains salariés, mais bien qu’ils doivent tenir compte du fait que ces salariés sont sous subordination, il s’avère que dans les dossiers, les juges prennent quand même en compte ces attestations de « pourritures patentées ».

19 commentaires

    • Nous étions en pleine réorganisation, c’était le chaos, mais la faute au directeur de n’avoir pas posé les limites et s’être fait mal influencé. J’ai hélas découvert un point névralgique à l’entrée du plateau, visiblement certains ont conspire et beaucoup sont influençables, mes publications commencent à agiter les masses. Un syndicaliste, membre d’un parti politique, m’a dit ka loi, c’est comme cela, je lui ai dit que je voulais la faire changer

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      • Qui faisait le boulot qui t’est tombé dessus lors de cette réorganisation ?
        Dans ma boîte, je ne pouvais pas être en même temps au front et à l’intendance à l’arrière en même temps… et je l’ai toujours dit, en précisant que si j’appelais à l’aide pendant que j’étais seule devant et débordée alors que c’était l’heure du café et viennoiseries personne ne bougeait. Alors moi non plus je ne bougeais pas tant que je n’avais pas terminé ce pour quoi on m’avait envoyé derrière quand elles étaient 2 ou 3 devant (et que j’assumais les 3/4 du temps seule)… mais je n’avais pas peur de le dire à qui de droit !

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      • Eh bien, c’est là le problème j’aibrepris ke boulot d’une fille mutée en juin et début aout par mail une note d’organisation est tombée sur les ordis disant qu’en plus decmon travail actuel d’assistante de directeur, j’etais ennplus au service de toute l’unité de 120 personnes. Donc 14h minimum par jour… j’ai protesté et cela a tourné au vinaigre, comme tu peux l’imaginer. Cette fonction etait tenue à une certaine époque par quelqu’un à mi-temps. J’ai essayé de négocier au moins quelqu’un à mi-temps, rien à faire. Et je me suis dait convoquer aux RH qui m’ont dit les yeux exorbites :  » vous devez faire tout ce que votre patron vous demande » pas de fiche de poste faite délimitant les fonctions obligatoire pour un contrat cadre forfait jours… Bref, l’employeur hors clous…

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      • Mais est-ce que dans leur esprit « au service » cela voulait dire « faire le boulot à leur place » ? N’étais-ce pas plus donner ton avis éclairé pour qu’ils arrivent à le faire par eux-mêmes ? Mais bon, on ne peut pas refaire l’histoire et tu es encore trop bouleversée pour arriver à prendre du recul, courage à toi ! ♥

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      • non, c’était mis en deux lignes : assistante du directeur + support administratif de toute l’équipe (avec quelques tâches suivies de petits points de suspension…), donc dès le lendemain, ils sont venus les uns après les autres, tout sourire aux lèvres, pensant que j’étais d’accord avec diverses tâches à effectuer, comme une réunion internationale de 13 personnes qui, à elle seule, m’a mobilisée 3 demi-journées, alors que théoriquement, ce n’était pas prévu dans le « deal ». C’est cela à chaque fois que je répercutais au directeur émetteur de la note qui s’est énervé, et m’a adressée aux RH pour soi disant me proposer d’autres opportunités professionnelles, et qui s’est terminé par un décallotage de crâne. Le pire c’est que la veille j’avais eu un entretien avec mon responsable direct, il m’a dit qu’il serait ravi si je restais, autrement, il m’appuierait pour une mutation. J’ai dit que je choisissais la mutation. Je suppose qu’il a dû avoir un entretien ensuite avec la RH et a dû lui dire qu’il aurait souhaité que je reste, et celle-ci a du lui dire qu’elle allait me faire rester, et cette brute a même mis son chrono en marche avant de rentrer dans la salle de réunion, et quand je suis sortie après elle, je l’ai vue arrêter le chrono en disant d’un air victorieux : 4 mn avec le geste du coude, genre « yes ». Le directeur m’a bien dit à un moment donné toujours les yeux vers la moquette, comme un petit garçon pris en faute : « je n’aurais pas dû faire cette note », mais il aurait l’assumer devant les RH, et quand je leur ai déclaré mon agression aux RH, ils auraient dû demander des comptes. Or, ils avaient trop peur pour leur propre carrière ! Dans les autres entreprises, ce sont les directions opérationnelles qui imposent leurs volontés aux RH.

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      • Je ne comprends rien à cette façon de manager le personnel et cela ne fait que me conforter dans l’idée que dans le monde du travail c’est comme à l’armée, (marche ou crève) et que nous ne sommes rien de plus que de la chair à canons… 😦

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      • ce n’est même pas de la gestion du personnel. Ils ont « fantasmé » cette organisation complètement folle, sans tenir compte des effectifs des tâches à effectuer de la réalité. A la barre mon avocat a bien dit que déjà avec le 1er poste, j’étais déjà bien occupée, je dépassais quand je devais faire les réunions commerciales, et j’avais bien dit, je devais faire un bilan de compétences, et il n’était plus question que j’aille jusqu’à minuit. La fille que je remplaçais finissait par envoyer promener le personnel, on l’entendait crier sur le plateau au directeur « vous m’en demandez trop », et celles à proximité, au lieu de dire, « la pauvre, elle est en difficulté », elles disaient « c’est bien, elle est partie, elle provoquait des tensions », mais ce n’est pas elle qui provoquait des tensions, c’est l’autre qui en demandait trop ! Quelles bourriques ! Et la Cour d’Appel qui met sur son arrêt « elle pouvait faire ces tâches sous contrôle du directeur », il ne contrôlait rien du tout, sauf capable de venir la bouche en coeur dire, « mais comment cela se fait que ce ne soit pas fait », et tu t’écopes une insuffisance professionnelle à la prochaine évaluation. Un jour, quelqu’un cherchait un dossier, il ne savait répondre, ni me dire où se trouver un fichier, les RH non plus ne connaissaient pas la charge du poste. D’ailleurs, j’ai été remplacée par une assistante d’équipe, et une secrétaire générale a été nommée, donc cela fait bien deux !

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      • C’est souvent le cas, une ancienne est remplacée par 2 jeunettes qui n’y arrivent pas… cela me faisait rigoler quand la boulangère me le racontait, avant qu’elle ne finisse par ne plus y aller ! 😉

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      • Cette hostoire de « prendre du recul », c’est un truc de syndicaliste ? C’est ce que m’a dit exactement la nana sur la page Facebook. Cela fait 14 ans que les faits se sont passés, 14 ans d’enquête bidons, de violations de loi.

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  1. Non, on ne peut pas dire cela, j’ai quitté le syndicalisme en 81, il y a prescription… et je n’avais été propulsée uniquement que parce que j’étais une des rares femmes à vouloir bouger, dans un monde masculin par tradition, avec formation sur le tas… je n’ai donc jamais eu le discours qui allait avec la fonction bénévole occupée pendant tout au plus 2 ans !
    Par contre, ma journée de boulot terminée, je passais immédiatement à autre chose (merci au jardin, aux forums culinaires et aux webcams animalières…) pour ne pas me laisser submerger et pour moi c’était cela « prendre du recul », ce qui m’a permis de tenir les 9 ans que j’y ai passés… je n’ai usé de 2 arrêts-maladie que la dernière année et surtout pas pour déprime, mais problèmes mécaniques avec les bons médicaments…

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    • Non, quand tu es dans une phase comme moi, ou soit tu refusais le travail et tu étais en tort, ou tu le faisais, tu faisais des erreurs, tu te retrouvais avec un avertissement, des mécontentements, un licenciement, une crise cardiaque, un AVC… Je te le rappelle, le nouveau poste, c’était 14h minimum par jour, deux postes, soit de 9h à minuit, avec 3/4h de transport aller, 1h de nuit, il aurait fait nuit dans le jardin… Donc passer à autre chose quand tu n’as même pas 7h de sommeil par nuit, et que tu l’as perdu dès la réception de la note d’organisation.

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      • Je comprends, les transports en région parisienne, j’ai assez donné, surtout lors des grandes grèves… alors en vieillissant je me suis mise au vert où je faisais souvent l’ouverture à 8h (parce que les petites jeunes ne pouvaient pas se lever si tôt) et souvent la fermeture à 20h (parce que j’habitais à 5mn à côté) et j’avais donc 4h pour la pause déjeuner… et comme Paris m’avais formatée à 5h de sommeil, j’avais le temps de m’évader. Mais je n’ai pas choisi le combat, mon objectif a été de faire mes dernières années, d’avaler les couleuvres tout en ayant la conscience tranquille (mon boulot était bien fait), et de partir dès que j’ai eu tous mes trimestres, mes expériences de vie m’avaient donné la force de le faire en ravalant ma fierté…

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      • C’est toi qui sait… 😦
        J’ai connu dans ma jeunesse, pour mes jobs d’été, 7h le matin et 5 l’après-midi, à l’usine de confiture locale… mais c’était très ponctuel parce qu’il y avait une urgence. Ensuite professionnellement le Code du travail était toujours plus ou moins respecté, je connais mal les problèmes des cadres.
        Belle journée à toi ! ♥

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      • Le problème, c’est qu’un contrat cadre forfaits jours consacre une autonomie complète à un poste, or, se retrouver avec « assistante d’équipe », qui est un travail d’exécution, cela ne cadrait pas. L’inspectrice du travail l’a dit, rien n’allait. La Direccte a reconnu une dégradation. Et les conventions européennes déclarent illégaux les temps travail ne permettant pas un repos de 11 h par jour, à 14h, cela ne passait pas.

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      • oui, c’est là que c’est très compliqué quand l’employeur a pris une décision « anarchique », et qu’il ne veut pas revenir dessus. J’ai essayé de négocier, mais cette décision de m’annoncer le « doublement » de mon poste par un simple mail, en plus adressé à tout le service, c’est la cata. Bien sûr que l’employeur a son pouvoir de direction, mais il doit aussi tenir compte de la charge de travail. Je n’ai jamais fait le travail d’assistante d’équipe, car j’ai un diplôme supérieur, et tu arrives en Cour d’Appel qui décrète que je pouvais le faire, mais sur quels critères ? Il est bien évident quand tu as déjà un premier poste qui t’occupes à plus de 100 %, comment tu fais pour intégrer ces missions à géométrie variable, où tout le monde se sert comme il veut, demande ce qu’il veut. En plus, on double ta charge, et aucune augmentation de salaire, fatalement les RH m’ont fait signer un contrat cadre forfait jours au préalable pour ne pas avoir à payer des heures sup. Les deux directeurs ne connaissaient pas la charge du poste ! en plus tous les commerciaux de mon équipe ont été augmentés de 50 %, soi disant qu’ils n’étaient pas au niveau du marché. Ils auraient pu prévoir une allocation pour recruter une assistante d’équipe. Et je dois dire que ces maudits juges dont la mission est de tout faire pour la manifestation de la vérité, trônent sur leur piédestal, et balancent des arrêts sans vérification. Le problème, c’est que leur mission est justement de vérifier.

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